Partis en moto en 1996, ce couple australien a fini par traverser les 193 pays du monde — toujours avec la même Harley

Marjolaine F.Marjolaine F. 5 min de lecture
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Au départ, il y avait une Harley-Davidson, deux casques et l’idée d’un long voyage. Rien ne laissait forcément penser que cette aventure australienne allait devenir une traversée de presque tous les États reconnus du globe.

Trois décennies plus tard, leur moto est devenue bien davantage qu’un moyen de transport. Elle porte les traces des pistes, des ferries, des frontières fermées et des milliers d’arrêts imprévus.

Pourquoi un tel voyage paraît presque impossible

Traverser 193 pays ne consiste pas à suivre une ligne sur une carte. Une expédition mondiale à moto impose de composer avec les visas, les permis temporaires d’importation, les assurances locales et les règles douanières.

Pour un couple parti d’Australie en 1996, la difficulté était encore plus concrète. Il fallait d’abord quitter un continent isolé par la mer. Une moto ne peut pas rejoindre l’Asie, l’Europe, l’Afrique ou les Amériques sans cargo, conteneur ou ferry.

Le défi mécanique compte tout autant. Une Harley-Davidson est conçue pour rouler longtemps sur route, mais un périple planétaire expose la machine à la chaleur, au sable, à l’humidité, aux routes défoncées et aux carburants de qualité inégale.

Le voyage à deux ajoute une autre dimension. Il faut partager les décisions, l’argent disponible, les périodes de fatigue et les imprévus. Sur plusieurs années, la réussite dépend moins de la vitesse que de la capacité à s’adapter. C’est justement ce qui donne sa valeur à leur exploit.

Leur secret : avancer avec la même Harley-Davidson

Le fait le plus marquant de cette aventure est simple : ce couple australien a poursuivi sa route avec la même Harley-Davidson, au lieu de changer de moto à chaque continent. Ce choix transforme un tour du monde en histoire de fidélité mécanique.

Une moto de grand tourisme offre plusieurs atouts pour un tel usage. Sa position de conduite est généralement confortable sur longues distances. Son moteur coupleux permet de transporter des bagages et un passager. Son réseau de passionnés peut aussi aider à trouver un atelier ou une pièce.

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Mais garder la même machine ne signifie pas ne jamais intervenir dessus. Sur une expédition de cette ampleur, l’entretien devient un rituel. Pneus, plaquettes de frein, huile moteur, transmission, roulements et batterie doivent être surveillés avant qu’une panne ne devienne immobilisante.

La Harley devient alors une sorte de carnet de voyage roulant. Chaque rayure peut rappeler un passage de frontière. Chaque réparation peut évoquer une ville, un mécano serviable ou une attente prolongée dans un port. Cette continuité donne une cohérence rare à leur parcours.

Reste que la moto n’est qu’une partie de l’équation. Pour atteindre autant de pays, il faut surtout savoir organiser les passages entre les continents.

Comment préparer une traversée mondiale à moto

Un voyage de quelques semaines se prépare avec un itinéraire. Un voyage de plusieurs années se prépare avec un système. L’objectif est de rester autonome sans surcharger la moto, car chaque kilo supplémentaire se ressent sur les pistes et lors des manœuvres à l’arrêt.

Préparer la machine et les documents

  • Faire une révision complète avant le départ : pneus récents, freinage contrôlé, batterie fiable, filtres et fluides remplacés.
  • Emporter les consommables essentiels : fusibles, ampoules compatibles, kit de réparation tubeless ou chambres à air selon les roues, colliers de serrage et lubrifiant de chaîne si la moto en possède une.
  • Prévoir une trousse d’outillage adaptée au modèle : clés, tournevis, pinces, ruban adhésif renforcé et multimètre compact.
  • Rassembler les documents : passeports, permis de conduire international lorsque nécessaire, certificat d’immatriculation, assurance et copies numériques sécurisées.
  • Se renseigner sur le carnet de passages en douane, souvent appelé CPD. Ce document peut être demandé pour l’admission temporaire du véhicule dans certains pays.
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Organiser les grandes étapes

  1. Découper le monde en régions. Préparez séparément l’Asie du Sud-Est, l’Asie centrale, l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud.
  2. Anticiper les expéditions maritimes. Comparez le conteneur partagé, le fret aérien et le roulage vers un port. Mesurez la moto avec ses bagages démontés.
  3. Prévoir une marge de temps. Un bateau retardé, un visa refusé ou une pièce manquante peuvent modifier plusieurs semaines de parcours.
  4. Adapter le rythme au terrain. Sur autoroute, une journée peut être longue. Sur piste, sous la pluie ou en zone montagneuse, il faut réduire les ambitions.

La leçon est claire : un itinéraire mondial fonctionne mieux lorsqu’il reste flexible. C’est cette souplesse qui permet de continuer quand le plan initial ne tient plus.

Ce que cette aventure dit du voyage au long cours

Le chiffre de 193 pays frappe l’imagination, car il correspond aux États membres de l’Organisation des Nations unies. Pourtant, voyager dans autant de territoires ne se résume pas à collectionner des tampons sur un passeport.

À moto, les transitions deviennent particulièrement fortes. Le paysage change progressivement, tout comme les langues, les habitudes de conduite, les odeurs de marché et la qualité du bitume. La frontière n’est pas seulement administrative. Elle annonce souvent une nouvelle manière de voyager.

Le duo australien rappelle aussi qu’une Harley-Davidson peut être utilisée loin de l’image des grandes routes américaines. Sur une expédition internationale, la marque importe moins que la préparation, la connaissance de sa moto et la capacité à réparer les petits problèmes.

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Un tel périple oblige également à distinguer l’essentiel du superflu. Des vêtements résistants, une tenue de pluie, une trousse de premiers secours, des outils et des bagages étanches comptent davantage qu’un équipement trop sophistiqué.

La meilleure configuration reste souvent la plus simple. Moins il y a d’accessoires fragiles, plus il est facile de reprendre la route après un incident.

Les erreurs qui peuvent arrêter un voyage avant la prochaine frontière

La première erreur consiste à sous-estimer les formalités. Un visa obtenu trop tard, une assurance non reconnue ou un document de moto incomplet peut immobiliser les voyageurs plusieurs jours. Il faut vérifier les exigences auprès des autorités compétentes avant chaque entrée.

La deuxième erreur est de négliger l’entretien préventif. Attendre qu’un pneu soit totalement usé ou qu’un frein fasse du bruit est risqué, surtout loin d’un concessionnaire Harley-Davidson. Remplacer une pièce avant la panne coûte souvent moins cher que gérer une immobilisation.

Enfin, vouloir respecter un calendrier rigide peut gâcher l’expérience. Les longues traversées demandent des jours de repos. Elles exigent aussi d’accepter qu’une route fermée, une météo difficile ou une rencontre importante change le programme.

Pour rouler loin, il faut donc préparer sérieusement chaque détail tout en laissant une place à l’inattendu.

Une moto, deux voyageurs et une route qui continue

Leur Harley-Davidson prouve qu’une machine bien entretenue peut accompagner une vie entière de voyages. Plus encore, elle rappelle que les plus grands itinéraires commencent parfois par une décision très simple : partir, puis continuer prudemment.

Pour qui rêve d’aventure, nul besoin de viser les 193 pays. Commencez par préparer une moto fiable, choisissez une frontière ou une région proche, et accordez-vous le temps de vraiment la découvrir.

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Marjolaine F.
Écrit parMarjolaine F.

Curieuse et créative, Marjolaine F. déniche pour vous les tendances culinaires et les innovations autour de la table, mêlant art de vivre et plaisir gustatif.